Google a retiré les fiches produits gratuites de ses résultats de recherche dans l’Espace économique européen, France comprise. Les blocs organiques de produits, comme le carrousel « produits populaires » qui s’affichait sur les requêtes commerciales, ont presque entièrement disparu en quelques jours mi-septembre. Google a confirmé que ce retrait découle de l’application du Digital Markets Act (DMA).
Pour beaucoup d’e-commerçants français, c’est une source de trafic gratuit qui s’éteint du jour au lendemain. Les fiches produits gratuites alimentaient des visites qualifiées sans coût par clic, parfois en volume significatif sur les petits catalogues bien optimisés.
Je fais le point sur ce qui a changé, sur qui récupère cet espace, et sur les actions à mener dès maintenant pour compenser la perte.
Que se passe-t-il avec les fiches produits gratuites en Europe ?
Les fiches produits gratuites de Google Shopping ne s’affichent plus dans la recherche Google pour les internautes de l’EEE, et les carrousels de produits organiques ont quasiment disparu des pages de résultats. Le changement s’est produit en l’espace de deux jours, autour du 16 et du 17 septembre 2026.
Plusieurs spécialistes du Shopping ont documenté la bascule. Un éditeur d’outil de suivi des produits a mesuré des baisses de 90 à 100 % de l’affichage des carrousels « produits populaires » dans les pays où il dispose de données suffisantes, dont la France, l’Allemagne, la Belgique, la Suède et les Pays-Bas. Les données de Semrush Sensor montrent la même chute. Des internautes signalent même la disparition de l’onglet Shopping sur certaines requêtes.
La responsable de la liaison Google Ads a confirmé publiquement que le retrait des fiches gratuites est lié à la décision européenne sur le DMA. Il faut donc le traiter comme un changement structurel, pas comme un bug passager.
Ce qui ne change pas, d’après les premiers retours
Les annonces Shopping payantes restent affichées dans les résultats, d’après les captures partagées. Le flux Merchant Center reste nécessaire pour vos campagnes Shopping et Performance Max. Et vos pages produits peuvent toujours se positionner dans les résultats organiques classiques grâce au référencement naturel.
Pourquoi Google supprime-t-il ces formats dans l’EEE ?
Google applique les obligations du Digital Markets Act, qui lui interdisent de favoriser ses propres services verticaux, comme Google Shopping, face aux services concurrents. La Commission européenne a jugé que les blocs produits de Google posaient ce problème d’auto-préférence.
Ce retrait s’inscrit dans une série de changements DMA déployés en septembre dans les résultats européens, que j’ai détaillés dans mon article sur les changements DMA dans les résultats de recherche. Google les présente comme la plus forte dégradation de la qualité de sa recherche de son histoire. On peut discuter du ton, mais l’impact sur les marchands est réel.
Qui récupère l’espace laissé libre ?
D’après les premiers observateurs, l’espace bascule vers les services de comparaison shopping (CSS), parfois appelés services de recherche verticale. Ce sont ces comparateurs, et non plus Google Shopping, qui obtiennent la visibilité sur les requêtes produits. J’en parlais déjà à propos du passage aux CSS Product Listing Ads cet été.

Quel impact pour les e-commerçants français ?
L’impact principal est une baisse du trafic gratuit en provenance de Google Shopping, à mesurer rapidement dans vos propres données. Selon votre dépendance à ces fiches, l’effet peut aller du négligeable au très sensible.
Les profils les plus exposés sont ceux qui :
- avaient un catalogue bien optimisé mais peu ou pas de budget Shopping payant, et comptaient sur les fiches gratuites pour leur visibilité produit ;
- vendent des produits génériques, très recherchés et comparés (électroménager, mode, high-tech, bricolage) ;
- n’ont pas de positions organiques solides sur leurs pages catégories et produits.
À l’inverse, une marque forte, avec beaucoup de recherches sur son nom et de bonnes positions SEO, sera moins touchée. Les requêtes de marque déclenchaient de toute façon moins de carrousels génériques.
Comment mesurer la perte de trafic des fiches gratuites ?
Le plus fiable est de croiser Merchant Center, Search Console et votre outil d’analytics sur une période avant/après la mi-septembre. Chaque outil apporte une vue partielle.
- Dans Merchant Center, ouvrez les rapports de performance et filtrez sur les clics gratuits (non payants). Comparez les deux semaines avant et après le 16 septembre.
- Dans Search Console, regardez le rapport Performances, onglet des résultats marchands si vous l’aviez, et l’évolution des clics sur vos pages produits.
- Dans GA4, si vous aviez balisé les fiches gratuites avec des paramètres UTM (ce que je recommande toujours), isolez ce trafic et son chiffre d’affaires. Sinon, surveillez l’évolution du canal organique sur les pages produits.
- Chiffrez la perte en chiffre d’affaires et en marge, pas seulement en clics. C’est ce montant qui déterminera votre réponse.
Si votre marquage ne permet pas de faire ce travail, c’est le moment de le revoir. Un suivi propre est la base de toute décision, et c’est ce que je mets en place en tant que consultant certifié Google Analytics.
Comment compenser la disparition des fiches produits gratuites ?
La compensation passe par trois leviers complémentaires : le Shopping payant, le référencement naturel des pages produits, et la présence chez les comparateurs. Aucun n’est gratuit, mais aucun n’est incontournable à lui seul.
Renforcer les campagnes Shopping payantes
C’est la réponse la plus rapide. Si les fiches gratuites rapportaient du chiffre d’affaires rentable, une partie peut être récupérée en payant le clic. À condition de raisonner en marge : un trafic gratuit qui devient payant ne garde pas la même rentabilité. Comme expert Google Ads, je commencerais par les produits qui convertissaient le mieux en gratuit, avec un objectif de ROAS calé sur leur marge réelle.
Travailler le SEO des pages produits et catégories
Les résultats organiques classiques restent accessibles. Des pages catégories riches, des fiches produits avec un contenu unique, des données structurées Product correctes et des avis clients visibles redeviennent prioritaires. C’est un investissement plus lent, mais durable. Pour les sites qui n’ont jamais vraiment travaillé ce sujet, un accompagnement de freelance SEO prend tout son sens.
Passer par les comparateurs (CSS)
Si l’espace va aux comparateurs, être présent chez eux devient une option à étudier. Certains fonctionnent au clic, d’autres à la commission. Le calcul de rentabilité doit être fait comparateur par comparateur, et le flux doit être irréprochable.
Diversifier les sources de trafic
C’est aussi un rappel brutal du risque de dépendre d’une seule plateforme. Microsoft Advertising, avec son propre Shopping, Meta avec les catalogues, et les nouveaux formats d’IA conversationnelle comme ChatGPT méritent d’être regardés. Pour le Shopping sur Bing, mon accompagnement Microsoft Advertising peut être un complément.
Le bon réflexe, que je recommande comme consultant marketing digital, consiste à répartir l’effort selon le délai de retour. Le Shopping payant compense en quelques jours, les comparateurs en quelques semaines, le SEO en plusieurs mois. Un plan équilibré active les trois en même temps, en réduisant progressivement la part payante à mesure que l’organique reprend du terrain.
Mon avis sur la fin des fiches produits gratuites en Europe
C’est une mauvaise nouvelle pour les petits e-commerçants, et c’est un paradoxe. Le DMA vise à protéger la concurrence, mais ce sont souvent les petites boutiques qui profitaient le plus des fiches gratuites, faute de budget publicitaire. Elles perdent un canal gratuit au profit de comparateurs qui, eux, se rémunèrent.
Je ne recommande pas pour autant de compenser à l’aveugle en doublant le budget Shopping. Il faut d’abord mesurer précisément ce que rapportaient ces fiches, puis arbitrer entre payant, SEO et comparateurs selon la marge. Sur plusieurs comptes e-commerce que je suis, le trafic gratuit Shopping représentait une part modeste mais très rentable des ventes : c’est cette rentabilité qu’il faut chercher à préserver, pas le volume de clics.
Enfin, gardez votre flux Merchant Center en parfait état, d’autant que Google prépare le commerce agentique dans AI Mode. Les règles européennes évoluent vite, et rien ne dit que les formats gratuits ne reviendront pas sous une autre forme. Les marchands prêts ce jour-là en profiteront les premiers.
Vous constatez une baisse de trafic produit depuis mi-septembre et vous voulez savoir comment réagir ? Contactez-moi : je mesure la perte réelle et je vous propose un plan de compensation chiffré, en Shopping payant comme en SEO. Mon accompagnement de freelance Google Shopping couvre ce type de situation.
FAQ : la suppression des fiches produits gratuites dans l’EEE
Les fiches produits gratuites Google Shopping ont-elles disparu en France ?
Oui. Depuis mi-septembre 2026, les fiches gratuites et les carrousels de produits organiques ont quasiment disparu de la recherche Google dans l’EEE, dont la France, en application du Digital Markets Act.
Les annonces Shopping payantes sont-elles aussi supprimées ?
Non, d’après les premiers retours, les annonces Shopping payantes continuent de s’afficher. Le flux Merchant Center reste indispensable pour les campagnes Shopping et Performance Max.
Pourquoi Google retire-t-il les fiches produits gratuites en Europe ?
Pour se conformer au DMA, qui lui interdit de favoriser ses propres services verticaux comme Google Shopping face aux comparateurs concurrents. Google a confirmé ce lien.
Qui profite de la disparition des fiches gratuites ?
Les services de comparaison shopping (CSS), qui récupèrent l’espace consacré aux produits sur les requêtes commerciales, selon les premières observations.
Comment compenser la perte de trafic des fiches gratuites ?
En mesurant d’abord la perte réelle, puis en combinant campagnes Shopping payantes rentables, SEO des pages produits et catégories, et présence chez les comparateurs selon leur coût.





