Snapchat reste souvent absent des plans médias, alors que l’application touche une audience que Meta et Google atteignent de plus en plus mal : les moins de 35 ans, sur mobile, plusieurs fois par jour. Pour certaines boutiques en ligne, c’est un levier sous-estimé. Pour d’autres, c’est une perte de budget.
Voici comment je décide si Snapchat Ads vaut le coup, et comment lancer une première campagne sans gaspiller d’argent.
Qui touche-t-on avec Snapchat Ads en France ?
Selon les chiffres compilés par le Blog du Modérateur, Snapchat compte plus de 26 millions d’utilisateurs en France et couvre l’immense majorité des 15-24 ans. Dans le monde, l’application dépasse les 470 millions d’utilisateurs actifs chaque jour.
Ce qui m’intéresse le plus pour un annonceur, c’est l’usage. On ouvre Snapchat pour échanger avec ses proches et regarder des stories, en plein écran vertical. L’attention est courte, mais elle est entière.
Les secteurs qui en tirent le plus souvent profit :
- la mode, les accessoires et la beauté,
- les produits pour un public jeune (tech, gaming, alimentation, boissons),
- les applications mobiles,
- les écoles, formations diplômantes et recrutements d’alternants.
À l’inverse, un fabricant de pièces industrielles ou un cabinet d’expertise comptable n’y trouvera presque jamais sa cible.
Quels formats publicitaires choisir ?
Le Gestionnaire de publicités de Snapchat propose plusieurs formats. Les formats disponibles dépendent de l’objectif choisi, comme l’indique la page d’aide de Snapchat sur les types d’annonces par objectif. Les principaux :
- l’annonce image ou vidéo unique, en plein écran entre les stories, le format de base,
- la Collection, une image ou une vidéo avec des vignettes produits en dessous, adaptée à l’e-commerce,
- les annonces dynamiques produits, alimentées par votre catalogue, pour le remarketing et la prospection,
- les Story Ads, une série de visuels affichée dans l’onglet Découvrir,
- les Sponsored Snaps, qui arrivent directement dans la boîte de réception de l’utilisateur,
- les Lenses sponsorisées, des filtres en réalité augmentée, plutôt pour les grandes marques.
Pour une boutique en ligne, je commence presque toujours par la vidéo unique et la Collection, puis j’ajoute les annonces dynamiques une fois le catalogue connecté.
Comment installer le suivi des conversions ?
Sans mesure, Snapchat optimise à l’aveugle. Deux outils sont à mettre en place :
- le Snap Pixel sur le site, pour suivre les pages vues, ajouts au panier et achats,
- la Conversions API, qui envoie les événements depuis le serveur et complète le pixel.
Sur Shopify, l’application Snapchat Ads installe le pixel en un clic et synchronise le catalogue produits. C’est le chemin le plus rapide.
Je conseille de vérifier la cohérence des achats remontés avec ceux de la boutique pendant les deux premières semaines. Les écarts entre plateformes sont normaux, mais ils doivent rester stables. J’explique pourquoi dans mon article sur les écarts de conversions entre plateformes, et le principe du tracking server-side s’applique aussi ici.
Quel budget prévoir pour tester ?
Selon la page d’aide sur le coût des annonces, on peut démarrer à partir de 5 dollars par jour. Techniquement, c’est possible. En pratique, ce budget ne suffit pas à obtenir assez d’achats pour que l’algorithme apprenne, et Snapchat recommande lui-même 20 à 50 dollars par jour.
Ma méthode : partir de votre coût d’acquisition cible et viser plusieurs dizaines de conversions sur la période de test.
Exemple (chiffres fictifs) : une marque de bijoux vise un coût par achat de 25 €. Pour obtenir une quarantaine d’achats en quatre semaines, il faut prévoir environ 1 000 € de test, soit un peu plus de 35 € par jour. En dessous, les résultats seront trop faibles pour conclure.
Pendant le test, je juge la campagne sur le coût par achat et le panier moyen, pas sur le coût par clic. Les clics sur Snapchat sont souvent bon marché, ce qui donne une fausse impression de rentabilité.
Snapchat, TikTok ou Meta : lequel choisir ?
Les trois plateformes se ressemblent sur le papier : vidéo verticale, ciblage automatisé, annonces catalogue. Les différences sont ailleurs :
- Meta reste le canal le plus stable pour la majorité des boutiques, grâce au volume de données et à la maturité de son algorithme, comme je l’explique dans mon article sur Meta Andromeda,
- TikTok demande des créations natives, très rythmées, et récompense les marques capables de produire beaucoup de vidéos, je détaille ce point dans mon guide TikTok Ads,
- Snapchat touche un public jeune et souvent moins sollicité par la publicité, avec une concurrence plus faible sur certaines cibles.
Mon ordre habituel pour une boutique qui vise les 18-34 ans : Meta d’abord, puis TikTok ou Snapchat selon les créations disponibles. Si la marque a déjà des vidéos verticales qui fonctionnent sur Instagram ou TikTok, le test Snapchat coûte peu en production.
Quelles erreurs éviter ?
- recycler des visuels carrés ou horizontaux, qui paraissent étrangers dans un environnement plein écran,
- mettre le message principal dans les dernières secondes, alors que les utilisateurs passent vite,
- lancer sans pixel, ou avec un pixel qui ne remonte que les pages vues,
- couper la campagne après trois jours, avant la fin de l’apprentissage,
- cibler trop étroitement dès le départ, alors que l’algorithme a besoin de marge.
Mon avis
Selon moi, Snapchat Ads n’est pas un levier pour tout le monde, mais c’est un levier qu’il est dommage d’écarter sans test quand la cible a moins de 35 ans. La vraie condition de réussite, ce sont les créations : une marque qui ne produit que des visuels statiques n’en tirera presque rien.
Je trouve aussi que Snapchat est utile pour diversifier. Quand les coûts montent sur Meta en fin d’année, avoir un deuxième canal déjà rodé évite de dépendre d’une seule plateforme.
Mon retour d’expérience
Depuis 2012, j’ai piloté des campagnes sur la plupart des réseaux sociaux. Quand je prépare un test Snapchat, je vérifie trois conditions avant de lancer : une cible réellement jeune, des vidéos verticales tournées au smartphone plutôt que des publicités trop léchées, et un suivi des conversions fiable dès le premier jour.
Si l’une de ces conditions manque, je préfère reporter le test. Des créations inadaptées ou un budget trop faible pour conclure donnent un résultat négatif qui ne dit rien du potentiel réel du canal. C’est ce type d’arbitrage entre réseaux que je fais dans mes missions de freelance SMA. Pour l’historique de la plateforme, vous pouvez aussi relire mon ancien article sur l’arrivée de la publicité vidéo sur Snapchat.
FAQ : Snapchat Ads
Quel est le budget minimum sur Snapchat Ads ?
Snapchat indique qu’on peut démarrer à partir de 5 dollars par jour. Pour un test e-commerce exploitable, prévoyez plutôt plusieurs centaines d’euros sur quelques semaines.
Snapchat Ads fonctionne-t-il pour l’e-commerce ?
Oui, surtout pour la mode, la beauté et les produits destinés aux 15-34 ans, avec les formats Collection et les annonces dynamiques produits.
Faut-il installer le Snap Pixel ?
Oui. Sans pixel, ou sans la Conversions API, la plateforme ne peut pas optimiser vers les achats.
Peut-on réutiliser ses vidéos TikTok ou Instagram ?
Oui, si elles sont au format vertical, sans les logos ou mentions propres à l’autre plateforme. C’est souvent le moyen le plus économique de tester.
Snapchat Ads est-il adapté au B2B ?
Rarement. En dehors du recrutement et des écoles, la cible professionnelle est mieux touchée sur LinkedIn, Google ou Meta.
Combien de temps doit durer un premier test ?
Au moins trois à quatre semaines, pour sortir de la phase d’apprentissage et avoir assez de conversions pour juger.
