Google teste dans Performance Max un réglage baptisé « Canaux » qui permet de dire à l’algorithme quels canaux vous valorisez davantage : Search, YouTube, Display, Discover, Gmail, Maps et partenaires du Réseau de Recherche. Pour chaque canal, un curseur va d’une priorité réduite à une priorité renforcée, en passant par une position « Auto ».
C’est probablement le levier de contrôle le plus attendu depuis le lancement de Performance Max. Pendant des années, la réponse officielle de Google a été la même : vous ne pilotez pas la répartition du budget entre les canaux, le système s’en charge. Ce test change la donne, avec quelques pièges que je préfère détailler avant que la fonctionnalité n’arrive dans vos comptes.
Je fais le point sur le fonctionnement de ce curseur de priorisation des canaux, sur ce qu’il ne fait pas, et sur la façon dont je compte l’utiliser sur les campagnes Performance Max que je pilote comme consultant SEA.
Que teste Google avec ce curseur de priorisation des canaux Performance Max ?
Google teste un paramètre de campagne Performance Max qui permet d’appliquer un ajustement positif ou négatif à chaque canal de diffusion, afin d’orienter l’algorithme vers les canaux que vous jugez les plus utiles à votre activité.
La fonctionnalité a été repérée fin août 2026 par une consultante en search marketing, qui en a publié une capture sur LinkedIn. Elle est marquée « Alpha », c’est-à-dire un stade encore plus précoce qu’une bêta. Seuls quelques comptes y ont accès, et la consigne relayée est de passer par son représentant Google pour en bénéficier.
L’écran présente une ligne par canal :
- Recherche Google
- Partenaires du Réseau de Recherche
- Discover
- Maps
- YouTube
- Réseau Display
- Gmail
Pour chacun, un curseur se déplace de la gauche (priorité moindre) vers la droite (priorité plus forte), avec « Auto » comme position par défaut. Google accompagne le réglage d’un avertissement explicite : Performance Max optimise le total des conversions sur l’ensemble des canaux, et modifier ces paramètres aura un impact direct sur les performances.
Comment fonctionne concrètement l’ajustement par canal ?
Le curseur ne fixe pas un pourcentage de budget par canal : il modifie le coût par acquisition que Performance Max accepte de payer sur ce canal.
Un ajustement positif assouplit le CPA toléré sur le canal. Le système accepte alors de payer un peu plus cher une conversion venant, par exemple, de YouTube, parce que vous lui signalez que ces conversions ont plus de valeur pour vous. Un ajustement négatif fait l’inverse : il resserre le CPA exigé, donc l’algorithme devient plus sélectif et y investit moins.
La nuance est importante. Vous n’écrivez pas « 70 % sur le Search, 30 % ailleurs ». Vous modifiez l’équation économique que Performance Max utilise pour décider où aller chercher les conversions. Le budget suit ensuite, mais indirectement, en fonction des enchères et des volumes disponibles.
Un exemple de calcul pour visualiser l’effet
Prenons un exemple purement illustratif. Votre campagne vise un CPA cible de 40 €. Si vous appliquez un ajustement positif à YouTube, le système pourra accepter des conversions YouTube un peu au-dessus de 40 €. Si vous appliquez un ajustement négatif au Display, il ne retiendra que les opportunités Display dont le coût estimé reste nettement sous les 40 €. Google n’a pas communiqué les valeurs exactes associées à chaque cran du curseur, donc ces chiffres servent uniquement à comprendre la mécanique.
Conséquence logique : un canal fortement dépriorisé peut quasiment disparaître de la diffusion si ses opportunités sont rarement assez rentables, tandis qu’un canal favorisé peut absorber une part plus importante du budget, avec un CPA moyen global qui risque de grimper.
Pourquoi ce réglage est une vraie rupture pour Performance Max ?
Ce curseur donne pour la première fois aux annonceurs un levier direct sur l’arbitrage entre canaux, là où ils ne pouvaient jusqu’ici qu’influencer le système de manière indirecte.
Jusqu’à présent, pour orienter une campagne Performance Max, je disposais de leviers périphériques : la qualité et la nature des éléments (une campagne sans vidéo pousse Google à en générer, pas toujours avec bonheur), les signaux d’audience, les thèmes de recherche, les exclusions de mots clés au niveau du compte, les valeurs de conversion et les exclusions d’emplacements. Tout cela influence la diffusion, sans jamais dire clairement à l’algorithme « ce canal compte plus pour moi ».
Google avait déjà fait un premier pas avec le rapport de performances par canal dans Performance Max, qui montre où la campagne diffuse et dépense. Mais voir sans pouvoir agir était frustrant. Sur plusieurs comptes e-commerce, j’ai constaté des périodes où une part notable du budget partait vers des emplacements Display ou vidéo à faible rendement, sans autre solution que de restructurer la campagne ou d’attendre que le système corrige de lui-même.
Le curseur ferme cette boucle : le rapport par canal sert à observer, le réglage sert à corriger.
Quels sont les risques d’une mauvaise utilisation ?
Le principal risque est de pénaliser un canal qui contribue aux ventes sans recevoir le crédit de la conversion, et donc de faire baisser les résultats ailleurs dans la campagne.
Prenons un parcours très classique : un internaute découvre une marque de décoration via une vidéo YouTube, revient trois jours plus tard en cherchant le nom de la marque sur Google, puis achète. Dans les rapports, c’est le Search qui récolte la conversion. Le CPA apparent de YouTube semble mauvais. Si vous dépriorisez YouTube sur cette seule base, vous risquez de réduire la demande qui alimentait votre Search de marque quelques jours plus tard.
Les erreurs que je m’attends à voir
- Déprioriser tout ce qui n’est pas Search, ce qui revient à transformer Performance Max en une campagne Search plus chère et moins transparente.
- Juger un canal sur deux ou trois semaines de données, alors que les cycles de décision dépassent souvent cette durée en B2B ou sur des paniers élevés.
- Modifier plusieurs curseurs en même temps, ce qui rend impossible de savoir quel changement a produit quel effet.
- Oublier que le CPA ou le ROAS cible global reste actif : favoriser un canal coûteux sans relever la cible peut simplement brider les volumes.
- Utiliser le curseur pour compenser un problème de flux produits, de suivi des conversions ou de créations, qui sont souvent les vraies causes d’une mauvaise répartition.
Comment je compte utiliser ce curseur sur mes comptes
Dans la gestion de vos campagnes Adwords, je l’utiliserai comme un outil de correction ponctuelle, appuyé sur des données d’attribution solides, jamais comme un réglage par défaut.
Voici la méthode que je prévois d’appliquer dès que la fonctionnalité sera disponible sur les comptes que je gère :
- Vérifier d’abord le suivi. Un tag Google bien installé, le mode Consentement v2 en place (obligatoire dans l’EEE depuis mars 2024) et des conversions améliorées actives. Sans données fiables, le curseur amplifie les erreurs.
- Analyser le rapport de performances par canal sur une période longue, au moins 30 à 60 jours selon le volume, en regardant aussi les conversions assistées et les chemins de conversion dans Google Ads et GA4.
- Identifier un seul canal manifestement problématique, par exemple un Display qui consomme une part importante du budget avec très peu de conversions, y compris en vue multi-touch.
- Appliquer un ajustement négatif modéré sur ce seul canal, noter la date dans le journal des modifications et ne toucher à rien d’autre pendant deux à trois semaines.
- Comparer avant/après sur le total de la campagne, pas seulement sur le canal modifié : conversions totales, valeur de conversion, CPA ou ROAS global, et évolution des recherches sur la marque.
Pour les annonceurs qui veulent aller plus loin, une expérience Google Ads (test A/B de campagne) reste la façon la plus propre de mesurer l’effet réel d’un réglage de ce type.
Quels annonceurs ont le plus à gagner ?
Les annonceurs dont un canal précis porte l’essentiel de la valeur métier, et qui le savent de façon mesurée, sont ceux pour qui ce curseur sera le plus utile.
Quelques profils typiques :
- Les commerces locaux et les réseaux de magasins, pour qui Maps génère des visites et des appels à forte valeur que Performance Max ne valorise pas toujours correctement.
- Les e-commerçants qui ont constaté un glissement du budget vers le Display ou la vidéo au détriment du Shopping, souvent quand le flux produits est faible ou que les créations visuelles abondent. Sur ce sujet, le travail sur le flux reste prioritaire, et c’est le cœur de mon accompagnement de freelance Google Shopping.
- Les marques qui investissent volontairement dans YouTube pour la notoriété et veulent éviter que l’algorithme ne coupe ce canal au premier CPA défavorable.
- Les annonceurs B2B qui génèrent des leads de mauvaise qualité via certains emplacements et veulent protéger la qualité plutôt que le volume.
À l’inverse, une petite campagne avec peu de conversions mensuelles n’a pas assez de données pour que des ajustements par canal soient interprétables. Dans ce cas, mieux vaut laisser « Auto » et travailler les fondamentaux.
Mon avis sur ce nouveau réglage Performance Max
J’y vois une très bonne nouvelle, à condition de le manier avec plus de prudence que d’enthousiasme.
Depuis 2012 que j’exerce comme expert en liens sponsorisés, j’ai vu Google retirer progressivement des leviers aux annonceurs, puis en redonner une partie sous la pression. Performance Max a suivi exactement ce chemin : boîte noire au lancement, puis rapports par canal, exclusions de mots clés, rapports sur les termes de recherche, et maintenant un début de pilotage par canal. C’est une évolution saine.
Mais ce curseur n’est pas un bouton magique. Je pense même qu’il fera des dégâts sur les comptes gérés uniquement au CPA de dernier clic. Le vrai travail reste en amont : la qualité du suivi des conversions, la valeur réelle attribuée à chaque type de conversion, le flux produits et les créations. Une fois ces bases solides, le curseur devient un outil de finition très intéressant.
Je ne recommande pas non plus de réclamer l’accès à l’alpha à tout prix. Une fonctionnalité à ce stade peut changer de forme, de libellé ou disparaître. Si votre représentant vous la propose, testez-la sur une campagne non critique, avec un seul ajustement à la fois.
Pour aller plus loin sur la structure de vos campagnes, mon accompagnement de freelance Google Ads intègre ce type d’arbitrage, et la fiabilité des données passe souvent par un travail de configuration Google Tag Manager avant toute optimisation par canal.
Vous voulez savoir si votre campagne Performance Max dépense au bon endroit ? Je peux analyser la répartition actuelle par canal et vous dire si un rééquilibrage a du sens. Contactez-moi pour en parler, ou commencez par un audit Google Ads gratuit.
FAQ : le curseur de priorisation des canaux dans Performance Max
Le curseur de priorisation des canaux Performance Max est-il disponible en France ?
Il est en phase alpha fin août 2026, accessible à un nombre restreint de comptes. Rien n’indique un déploiement général à court terme, et l’accès passe par un représentant Google.
Ce réglage permet-il d’allouer un pourcentage de budget à chaque canal ?
Non. Il modifie le CPA que Performance Max accepte sur chaque canal. La répartition du budget évolue ensuite indirectement, selon les opportunités disponibles.
Faut-il déprioriser YouTube et le Display dans Performance Max ?
Pas par principe. Ces canaux contribuent souvent à des conversions attribuées au Search. Je ne les dépriorise qu’après analyse des parcours et des conversions assistées sur une période suffisante.
Quelle est la position « Auto » du curseur ?
C’est le réglage par défaut : Performance Max répartit librement ses efforts entre les canaux pour maximiser le total des conversions, comme avant l’arrivée de ce paramètre.
Combien de temps attendre avant de juger un ajustement ?
Je recommande deux à trois semaines au minimum, davantage si le cycle d’achat est long, en jugeant les résultats sur l’ensemble de la campagne plutôt que sur le seul canal modifié.
Pour conclure, le curseur de priorisation des canaux Performance Max est un levier puissant que j’utiliserai avec parcimonie, une fois le suivi et l’attribution fiabilisés.
