Les agents IA ne se contentent plus de lire vos pages pour répondre à une question. Ils naviguent, remplissent des formulaires et vont jusqu’au panier pour le compte de leurs utilisateurs.
Le 29 octobre 2026, Microsoft Clarity a publié une première étude sur ce que font ces agents une fois sur un site. Le chiffre qui ressort : le paiement apparaît bien plus souvent dans leurs sessions que dans celles des humains. Voici ce que dit l’étude, ce qu’elle ne dit pas, et ce que ça change pour la mesure de vos conversions.
Que montre l’étude de Microsoft Clarity ?
Clarity a analysé plus de 5,2 millions de sessions impliquant un agent IA, sur 230 511 sites équipés de Clarity, entre le 13 août et le 9 septembre 2026. Les agents détectés viennent des navigateurs agentiques des écosystèmes OpenAI, Google et Anthropic (étude publiée sur le blog de Microsoft Clarity).
Les actions les plus fréquentes dans ces sessions :
- le paiement (checkout), dans 25,21 % des sessions avec agent,
- l’envoi d’un formulaire, dans 19,85 %,
- le clic vers un site externe, dans 14,28 %,
- la prise de rendez-vous, dans 8,42 %,
- la recherche interne, dans 7,16 %.
Microsoft note aussi que le volume de sessions avec agent a progressé de 88 % en trois semaines dans ses données.
Agents IA et visiteurs humains : quelles différences ?
Sur les mêmes sites, les humains se comportent autrement. Leur action la plus fréquente est le clic vers un site externe (26,99 % des sessions), et le paiement n’arrive qu’en troisième position (14,65 %).
Autrement dit, le paiement pèse presque deux fois plus dans les sessions avec agent que dans les sessions humaines. Les envois de formulaires, eux, sont proches (19,85 % contre 18,56 %). La recherche interne est un peu plus fréquente chez les agents (7,16 % contre 4,79 %).
C’est logique : un agent arrive avec une tâche précise à accomplir, là où un humain compare, se renseigne et repart souvent ailleurs.

Quelles sont les limites de ces chiffres ?
Je trouve l’étude utile, mais elle demande de la prudence. Microsoft le reconnaît lui-même sur plusieurs points :
- une session « avec agent » peut inclure un passage de relais à l’humain, et Clarity ne sait pas encore séparer les deux : on ne sait donc pas qui a cliqué sur « payer »,
- les actions sont comptées séparément, sur des sites de secteurs différents : ce n’est pas un entonnoir de conversion,
- un événement « checkout » ne prouve pas qu’une commande a été validée.
Il y a aussi une question de base de calcul. 306 621 sessions avec paiement qui représentent 25,21 % donnent un total d’environ 1,2 million de sessions, et non 5,2 millions. PPC Land a relevé cet écart dans son analyse de l’étude. Les pourcentages portent donc probablement sur un sous-ensemble de sessions, sans que l’étude le précise.
Ce que ça change pour la mesure e-commerce et lead gen
Même avec ces limites, la tendance est claire : une partie de vos conversions va passer par des agents. Trois conséquences concrètes :
- vos taux de conversion vont être brouillés, avec des sessions très courtes et très efficaces qui ne ressemblent à aucun parcours humain,
- l’attribution publicitaire va se compliquer : un agent qui achète après une recherche dans ChatGPT ou Gemini ne laisse pas toujours de source exploitable, ce qui accentue les écarts de conversions entre plateformes,
- les formulaires et tunnels de paiement doivent être lisibles par une machine : champs bien étiquetés, pas d’étape cachée, pas de CAPTCHA inutile au mauvais moment.
Clarity a lancé en même temps un tableau de bord « Agent Activity », disponible pour les sites qui reçoivent du trafic agentique. Il complète le rapport sur les robots d’IA que j’ai présenté dans mon article sur le ratio AI Scrape-to-Referral de Clarity. Clarity étant gratuit, je conseille de l’installer en parallèle de GA4 sur les sites e-commerce.
C’est aussi la suite logique du commerce agentique de Google : les agents ne se contentent plus de recommander, ils achètent.
Mon avis
Je retiens moins le chiffre de 25 % que le signal. Le trafic agentique reste marginal en volume, mais il est déjà très orienté vers l’action. C’est l’inverse du trafic « de lecture » des robots d’IA, qui prend beaucoup et rend peu.
Selon moi, les marchands qui prennent de l’avance sont ceux qui mesurent ce trafic dès maintenant, avant qu’il ne fausse leurs tableaux de bord. C’est un point que j’intègre désormais dans mes audits de mesure, en tant que consultant analytics.
FAQ : agents IA et Microsoft Clarity
Qu’est-ce qu’une session agentique ?
C’est une visite menée en tout ou partie par un agent IA, par exemple un navigateur capable de naviguer et d’agir pour le compte de son utilisateur.
Les agents IA achètent-ils vraiment à la place des internautes ?
Ils atteignent souvent l’étape de paiement, mais Clarity ne peut pas dire si c’est l’agent ou l’humain qui a validé. L’étude ne prouve pas des achats autonomes.
Comment voir le trafic des agents IA sur mon site ?
Microsoft Clarity propose un tableau de bord « Agent Activity » pour les sites qui reçoivent ce type de trafic. GA4 ne les distingue pas nativement.
Faut-il bloquer les agents IA ?
Pour un site marchand, non : ils peuvent aller jusqu’au panier. Mieux vaut les mesurer et vérifier que vos formulaires et votre tunnel restent utilisables.
Microsoft Clarity est-il gratuit ?
Oui, Clarity est un outil d’analyse gratuit de Microsoft, compatible avec GA4.





