AI Max arrive dans les campagnes Shopping standard. Après les campagnes Search, Google ouvre AI Max pour Shopping à davantage d’annonceurs, avec ce paquet de fonctionnalités d’IA dans le Shopping classique : correspondance avec des requêtes conversationnelles, textes générés à partir du flux produits, extension de l’URL finale et possibilité pour Google de choisir entre une annonce Shopping et une annonce texte.
C’est un changement de nature pour le Shopping standard. Ce type de campagne était jusqu’ici le refuge des e-commerçants qui voulaient garder la main, sans passer par Performance Max. Avec AI Max, une partie de l’automatisation de PMax s’invite dans la campagne la plus contrôlée du compte.
Google n’a pas encore publié d’annonce officielle détaillée sur ce déploiement : les informations viennent de captures partagées par des experts PPC et relayées par la presse spécialisée. Voici ce que l’on sait, ce que j’en pense et comment je compte le tester sur les comptes e-commerce dont j’assure la gestion de campagnes Google Ads.
Qu’est-ce qu’AI Max pour les campagnes Shopping ?
AI Max pour Shopping est un ensemble d’options d’IA qui s’active au niveau d’une campagne Shopping standard pour élargir les requêtes couvertes et adapter automatiquement le message et la page d’arrivée. Ce n’est pas un nouveau type de campagne : vous gardez votre campagne Shopping, vos enchères et votre structure, et vous y ajoutez une couche d’automatisation.
Pour rappel, AI Max a d’abord été lancé pour les campagnes Search, avec une logique proche : élargir la correspondance au-delà des mots clés, générer des variantes de texte à partir du site et envoyer l’internaute vers la page jugée la plus pertinente. Google avait annoncé au printemps l’extension prochaine au Shopping. Ce sont ces fonctionnalités que de plus en plus d’annonceurs voient apparaître dans leurs comptes cette semaine.
Les fonctionnalités repérées
D’après les captures relayées par Search Engine Land et Search Engine Roundtable, AI Max dans le Shopping standard comprend :
- une correspondance élargie aux requêtes longues et conversationnelles, du type de celles qu’on tape (ou dicte) quand on décrit un besoin plutôt qu’un produit ;
- la personnalisation du texte : Google génère des textes à partir des attributs du flux Merchant Center, comme la matière, la coupe ou la durabilité ;
- l’extension de l’URL finale, qui peut envoyer l’internaute vers une autre page que la fiche produit si Google l’estime plus pertinente ;
- la flexibilité des formats : Google peut choisir d’afficher une annonce Shopping ou une annonce texte selon la requête ;
- des contrôles au niveau de la campagne : activation de l’optimisation des éléments, exclusions de marques, désactivation de l’extension d’URL finale.
Selon les mêmes captures, les réglages d’enchères et de ciblage existants restent en place. Un expert a aussi relevé un encart d’estimation d’amélioration des conversions quand on active les options ensemble. Je ne reprends pas ce chiffre : c’est une estimation affichée par Google dans l’interface, pas un résultat mesuré.
Pourquoi Google pousse l’IA dans le Shopping standard ?
Google veut capter les requêtes que les campagnes Shopping classiques ratent aujourd’hui, et celles-ci sont de plus en plus longues et conversationnelles. Avec AI Mode et les recherches formulées comme des questions, l’internaute écrit « un canapé convertible solide pour un studio avec un enfant » plutôt que « canapé convertible ». Le Shopping standard, qui s’appuie sur la correspondance entre le flux et la requête, n’est pas toujours servi sur ce type de recherche.
Google a d’ailleurs présenté AI Max comme un moyen de débloquer des recherches jusqu’ici non monétisées. C’est un argument pour l’annonceur, et c’est aussi, évidemment, un argument de chiffre d’affaires pour Google.
Il y a une deuxième lecture. Beaucoup d’e-commerçants avancés, et la plupart des agences Google Ads sérieuses, gardent des campagnes Shopping standard à côté de Performance Max, justement pour garder la visibilité sur les termes de recherche, le contrôle des enchères par produit et une structure lisible. En injectant l’IA dans le Shopping standard, Google réduit l’écart entre les deux. Il devient plus facile de convaincre un annonceur d’accepter de l’automatisation, puisqu’il n’a pas à abandonner sa campagne pour l’obtenir.
Quels risques pour les e-commerçants ?
Le principal risque est de perdre la lisibilité qui fait l’intérêt du Shopping standard, en échange d’un volume supplémentaire dont la rentabilité reste à démontrer. Chaque fonctionnalité a son propre point de vigilance.
La correspondance élargie
Des requêtes plus larges, c’est plus d’impressions et de clics, mais pas forcément des clics qui convertissent au même niveau. Sur les comptes que je suis comme consultant SEA, les requêtes génériques et conversationnelles ont souvent un taux de conversion plus faible que les requêtes produit précises. Si votre stratégie d’enchères est en ROAS cible, l’algorithme est censé compenser. En CPC manuel ou en enchères au clic, c’est à vous de surveiller.
Les textes générés depuis le flux
Google construira ses textes à partir de vos attributs produits. C’est un argument de plus pour un flux propre : un attribut faux ou approximatif deviendra un argument publicitaire faux. Une matière mal renseignée, une taille incohérente ou une mention de durabilité non vérifiée peut se retrouver mise en avant dans une annonce.
L’extension de l’URL finale
Envoyer l’internaute vers une page de catégorie plutôt que vers la fiche produit peut avoir du sens sur une requête large. Mais sur un clic Shopping, l’internaute a vu un produit, un prix, une photo. S’il atterrit sur une page de catégorie, il doit chercher à nouveau. C’est la fonctionnalité que je regarderai de plus près.
Le choix entre Shopping et annonce texte
Qu’une campagne Shopping puisse diffuser des annonces texte brouille la séparation entre vos campagnes Search et Shopping. Vous risquez de voir vos propres campagnes se concurrencer sur certaines requêtes, et vos rapports par type de campagne deviennent moins parlants.
Comment préparer vos campagnes Shopping à AI Max ?
La meilleure préparation consiste à fiabiliser votre flux produits et à poser une base de mesure avant d’activer quoi que ce soit. Voici la méthode que j’applique.
- Auditez votre flux Merchant Center : titres, descriptions, matières, tailles, couleurs, attributs de produits. Tout ce qui peut nourrir un texte généré doit être juste.
- Vérifiez vos pages de catégorie : si Google peut y envoyer du trafic, elles doivent être rapides, bien filtrées et cohérentes avec les produits annoncés.
- Notez une référence de performance sur 4 à 6 semaines pour la campagne concernée : coût, valeur de conversion, ROAS, part de requêtes de marque.
- Préparez vos exclusions : mots clés négatifs, exclusions de marques (notamment celles de concurrents ou de marques que vous ne distribuez pas), listes de requêtes que vous ne voulez pas couvrir.
- Choisissez un périmètre de test limité : une campagne, une catégorie, un pays.
Si vous gérez aussi des magasins physiques, gardez en tête un autre changement de cet été : l’activation par défaut de l’inventaire local dans les campagnes Shopping, que j’ai détaillée dans mon article sur les annonces d’inventaire local activées par défaut. Les deux changements combinés peuvent modifier sensiblement ce que diffuse une campagne Shopping à la rentrée.
Comment tester AI Max pour Shopping sans risque ?
La bonne approche est un test contrôlé, activé fonctionnalité par fonctionnalité, sur une campagne isolée, avec une période de comparaison claire. Activer tout d’un coup sur l’ensemble du compte est la meilleure façon de ne rien comprendre aux résultats.
Ma séquence de test
- Commencez par la correspondance élargie seule, en laissant l’extension d’URL finale désactivée. Vous mesurez ainsi l’apport des nouvelles requêtes sans changer les pages d’arrivée.
- Après deux à trois semaines, si les nouvelles requêtes sont rentables, ajoutez la personnalisation du texte.
- L’extension d’URL finale vient en dernier, et seulement si vos pages de catégorie convertissent correctement.
- Utilisez si possible un test de campagne (expérience) pour comparer avec une version sans AI Max, à budget égal.
Les indicateurs à suivre
- la valeur de conversion et le ROAS de la campagne, comparés à la période de référence ;
- le rapport sur les termes de recherche : quelle part des clics vient de requêtes nouvelles, et sont-elles pertinentes ;
- la répartition entre annonces Shopping et annonces texte, si l’option de format est active ;
- les pages d’arrivée réellement utilisées, et leur taux de conversion ;
- le chevauchement avec vos campagnes Search et Performance Max sur les mêmes requêtes.
Un exemple de lecture, chiffres purement illustratifs : si la campagne passe de 10 000 € à 12 000 € de dépenses et de 50 000 € à 56 000 € de valeur de conversion, le ROAS global baisse de 5 à 4,67. Les 2 000 € supplémentaires ont rapporté 6 000 €, soit un ROAS marginal de 3. Si votre seuil de rentabilité est un ROAS de 4, cette extension vous coûte de l’argent, même si le chiffre d’affaires total progresse. C’est ce raisonnement à la marge que je conseille de faire, plutôt que de regarder seulement le volume.
Mon avis sur AI Max dans le Shopping standard
Je vois deux choses à la fois. D’un côté, la couverture des requêtes conversationnelles est un vrai sujet, et un e-commerçant qui ne fait rien risque de perdre progressivement de la visibilité sur ces recherches. De l’autre, le Shopping standard tire sa valeur de son contrôle. Si AI Max est activé sans méthode, il devient une copie moins transparente de Performance Max.
Ma position : je testerai la correspondance élargie et la personnalisation du texte assez vite, sur des comptes avec un flux propre et un volume de conversions suffisant. Je serai beaucoup plus prudent sur l’extension d’URL finale et sur la flexibilité des formats, que je laisserai désactivées par défaut tant que je n’aurai pas vu des données convaincantes. Et je ne l’activerai pas sur un compte dont le flux n’est pas propre.
Depuis 2012, j’ai vu passer beaucoup de fonctionnalités vendues comme des gains de volume automatiques. Celles qui tiennent dans le temps sont celles qu’on a testées proprement, avec une mesure à la marge. AI Max pour Shopping n’échappera pas à cette règle. Et le travail qui paie le plus reste le même : un flux Merchant Center irréprochable, que l’IA de Google exploitera de toute façon, avec ou sans AI Max.
Pour aller plus loin sur la structure de vos campagnes, je détaille mon approche sur ma page freelance Google Shopping. Pour une vision d’ensemble de vos campagnes Search et Shopping, mon accompagnement d’expert Google Ads couvre ces arbitrages, et l’audit Google Ads gratuit est un bon point de départ pour vérifier si votre compte est prêt.
Vous voyez apparaître AI Max dans vos campagnes Shopping et vous hésitez à l’activer ? Contactez-moi, on construit ensemble un plan de test adapté à votre catalogue et à vos marges.
FAQ : AI Max dans les campagnes Shopping standard
AI Max pour Shopping remplace-t-il Performance Max ?
Non. AI Max s’ajoute à une campagne Shopping standard existante, dont les enchères et la structure restent en place. Performance Max reste un type de campagne distinct, couvrant tous les réseaux Google.
Peut-on désactiver l’extension d’URL finale dans AI Max pour Shopping ?
Oui, d’après les captures partagées, un contrôle au niveau de la campagne permet de la désactiver pour que le trafic reste dirigé vers les fiches produits.
D’où viennent les textes générés par AI Max dans le Shopping ?
Ils s’appuient sur les attributs de votre flux Merchant Center, comme la matière, la coupe ou la durabilité. Un flux précis est donc indispensable pour éviter des messages erronés.
Faut-il activer AI Max sur toutes ses campagnes Shopping ?
Je le déconseille. Testez d’abord sur une campagne isolée, fonctionnalité par fonctionnalité, en comparant le ROAS marginal à une période de référence.
AI Max pour Shopping est-il disponible en France ?
AI Max a été annoncé en déploiement mondial, et l’extension au Shopping apparaît progressivement dans les comptes. Vérifiez les paramètres de vos campagnes Shopping pour savoir si votre compte y a accès.
